Une réunion publique de présentation du nouveau Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) a eu lieu mardi 27 juin 2017 à Perpignan. Les élus et représentants de la Mairie étaient présents de même qu’une partie des rapporteurs du projet de révision (Alain Vernet et Pierre Tronchon). L’ASPAHR (Association de Sauvegarde du Patrimoine Artistique et Historique Roussillonnais) était également présente pour faire part de ses interrogations. Voici ce qu’en rapporte le président de l’association :

Aux adhérent(e)s de l’ASPAHR
Chère adhérente,
Cher adhérent,

Je vous fais part de mon « interprétation » de la présentation du nouveau PSMV de Perpignan qui a eu lieu ce mardi 27 juin à 18h30 à Perpignan, salle des Libertés.
La présentation a duré une bonne heure et demie (D. Zitoli, de la DHRU de Perpignan et Alain Vernet, mandataire de l’équipe de révision), puis environ 1/2 heure de « débat » piloté par P. Parrat (adjoint à l’urbanisme) qui a bien monopolisé près de la moitié du temps. A noter la présence de plusieurs élus dont la plupart n’ont fait que passer (Guizart, Amiel, Sirer-Ferrière, Lafontaine, Barbe, Pagès). Seul élu ayant pris la parole : Pierre Parrat.

Bien que le nouveau plan ait deux visages, j’ai trouvé pour ma part confirmation que si la mairie a souhaité une révision du PSMV c’était bien pour l’adapter aux projets urbanistiques de la ville (le PSMV de 2007 étant considéré comme un obstacle).

  • Le premier aspect du nouveau PSMV : reclassification des immeubles. Au bout du compte si on comptabilise les édifices déclassifiés et ceux reclassifiés, au total il n’y en a (si l’on peut dire) que 9 déclassifiés ; ce qui finalement ne pouvait justifier vraiment une révision ! Cela étant nous n’avons pas eu le détail qu’il faudra examiner de près quand tous les documents seront en ligne. Je ne sais d’ailleurs sur quelle base ce calcul est fait : en comptabilisant les bâtiments à conserver dans leur ensemble ou ceux dont il ne faut conserver que le volume extérieur ?
  • Le second aspect – et c’est la grande nouveauté de ce PSMV new look : les OAP (orientations d’aménagement et de programmation). [trois de ces OAP sont disponibles sur le site de la Mairie] Comme aime à nous le répéter Alain Vernet, ce ne sont que des suggestions, des propositions, à 10 ou 20 ans, etc, etc …, la commune fera ou ne fera pas. Et, à mon avis c’est là où l’on revient à l’objet de la révision ! Il va falloir regarder de près si tous les immeubles concernés par les OAP figurent déjà comme devant être détruits …. Il y a beaucoup de jaune quand même ! (traduction : « immeuble ou partie d’immeuble dont la démolition ou la modification pourra être imposée »). C’est le cas des 5 ou 6 parcelles en face de l’ancienne (nouvelle) université, des Carmes, de l’agrandissement de la place Berton. Il y a le feu sur ces secteurs sensibles où nous avons fait part de notre désaccord. En revanche rue des Augustins j’ai l’impression que c’est le statu quo (bien que cela reste dans les objectifs de A. Vernet).

Au final nous avons bien un double discours : un peu rassurant d’un côté (il vaut mieux restaurer / réhabiliter, ça coûte moins cher que de démolir et reconstruire), inquiétant de l’autre avec ces fameux OAP.

Il va falloir travailler tout cela avec sérieux et méthode (en comparant l’ancien et le nouveau PSMV) sachant que le dossier va être présenté :

– à la Commission Locale du Secteur Sauvegardé le 11 juillet 2017
– au Conseil municipal et au conseil communautaire fin septembre
– devant la commission nationale des sites patrimoniaux remarquables en fin d’année
Ensuite, enquête publique début 2018 (durée 1 mois), puis arrêté au printemps 2018.

Nous avons donc encore du temps pour étudier et faire nos remarques et suggestions, mais il va falloir constituer une équipe pour y travailler de façon méthodique.
Enfin, les documents vont être progressivement mis en ligne (sous 10 jours environ) et certains sont déjà accessibles ; le lien : http://www.mairie-perpignan.fr/fr/demarches/urbanisme-amenagement-habitat/documents-durbanisme/projet-revision-psmv

Le journal l’Indépendant relate cette réunion dans son édition du 29 juin.
La ville n’a pas réagi, ce qui semble vouloir dire qu’ils ne contestent pas les propos rapportés. L’ASPAHR est désormais une épine dans le pied du maire de Perpignan ; nous sommes devenus gênants. C’est ainsi que le maire a refusé de créer la nouvelle commission locale du site patrimonial remarquable instituée par la loi LCAP, comme je lui avais demandé, car il ne souhaite pas que l’ASPAHR y soit présente.
Par ailleurs, je vous informe que je viens d’écrire à la nouvelle ministre de la Culture, Mme Françoise Nyssen, pour lui demander quelles procédures ont été utilisées pour permettre les démolitions des 20 bâtiments (et d’autres) protégés par le plan de sauvegarde en vigueur, au massacre commis sur l’église des chanoinesses de Saint-Sauveur, et nos inquiétudes quant à la révision du PSMV (avec copie au ministre de la cohésion des territoires, aux préfets de Région et des P-O, et aux 4 nouveaux députés).

Nous ne lâcherons pas ; nous exigeons des réponses.
Nous allons rester vigilants et mettre en place une veille sur la ville pour surveiller tout projet de démolition (la mairie agit dans la plus grande discrétion). Je vous invite à nous signaler toute démolition ou permis de construire dans le centre ancien.
Contact : aspahr2017[at]gmail.com
L’ASPAHR, refondée il y a 3 mois et demi, compte déjà plus de 100 adhérents, dont une vingtaine d’associations.
Nous avons besoin de vous.

Jean-Bernard Mathon
Président de l’ASPAHR

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